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La rivière Bonnet Plume dévale les monts Wernecke pour sculpter une vallée magnifique et large qui traverse une plaine de basses terres. Elle se dirige, ensuite à l’ouest et au nord vers son confluent, la rivière Peel. Le bassin de Bonnet Plume est une région sauvage offrant de nombreux exemples d’histoire naturelle tels les failles de cisaillement, glaciers rocheux, crêtes aiguës, cirques et moraines dont l’évolution date d’aussi loin que la fin de l’époque précambrienne. Cette région est aussi riche en histoire de l’homme et elle a assuré, pendant des siècles, la subsistance des Tetlit Gwich’in des Territoires du Nord-Ouest et des Premières Nations des Nacho Nyak Dun du Yukon. Cette jouissance traditionnelle des ressources de la vallée se poursuit encore aujourd’hui à travers les activités récréatives en milieu sauvage des visiteurs. La rivière Bonnet Plume est aussi reconnue pour ses activités récréatives exceptionnelles et en tant qu’élément important du réseau des rivières du patrimoine canadien (RRPC). La diversité de la faune, de la flore et des paysages de cette belle et grande région permet aux visiteurs d’apprécier la nature sauvage du Yukon. Le cours supérieur de la rivière Bonnet Plume, dans les monts Mackenzie, chevauche la ligne de dispersion hydrographique qui sépare le Yukon des Territoires du Nord-Ouest. La rivière s’écoule sur plus de 350 km avant de rejoindre la rivière Peel qui afflue vers le nord sur la frontière du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest jusqu’au delta du fleuve Mackenzie. La rivière Bonnet Plume et ses affluents couvrent une région d’environ 12 000 km2 et elle a été inscrite au RRPC lors de sa mise en candidature en 1993. Le plan directeur de la rivière, qui devait être terminé en 1996, est en voie de réalisation pour ce qui est du bassin hydrographique. Ce plan prévoit satisfaire les intérêts et préoccupations des groupes concernés de la région en mettant leur expérience et de leur force au service d’une exploitation rationnelle, écologique et à long terme du bassin hydrographique de la rivière Bonnet Plume. Les zones habitées près de la rivière Bonnet Plume sont passablement éloignées de celle-ci et l’accès au bassin n’est possible que par avion. Whitehorse, point d’entrée principal, est réputé pour la régularité de ses liens aériens et routiers avec le Sud et la présence de compagnies de transport aérien. On retrouve à Mayo, petit village situé près de la rivière Stewart et accessible par la route du Klondike, une base d’avions à flotteurs et une piste d’atterrissage mais, tout le service aérien est concentré à Whitehorse. Pour sa part, Fort McPherson, un point de rencontre habituel pour les amateurs d’excursions nautiques offre cependant des installations et des services limités. On peut s’y rendre autant par voie aérienne, à partir d’Inuvik, TNO que par voie routière, en passant par la route de Dempster. La zone de drainage de la rivière Bonnet Plume dessert trois réseaux de montagnes : les monts Mackenzie, Wernecke et Richardsons. La complexité de l’histoire géologique de la région se manifeste par une vaste formation de plis et de failles. Le bassin de la rivière Bonnet Plume renferme l’un des plus importants et des plus riches gisements houillers du Yukon et toute cette zone de drainage est reconnue pour ses dépôts de fer, de plomb-zinc, de cuivre et d’uranium. Une fouille paléontologique de la plus haute importance a été effectuée près de l’embouchure de la rivière Bonnet Plume. Elle a mené à la seule découverte d’ossements de dinosaures faite à ce jour au Yukon. On y a trouvé, le long de la rive sud de la rivière Peel, entre l’embouchure des rivières Bonnet Plume et Wind, les parties supérieures des vertèbres de la queue et un fragment du cinquième doigt du membre supérieur d’un dinosaure à bec de canard. Lors de la dernière progression glaciaire des Laurentides, la glace a entièrement recouvert les vallées de la région de la rivière Bonnet Plume et s’est établie en permanence dans les lignes de dispersion hydrographique. La vaste formation de cirque des monts Wernecke reflète cette invasion importante de glaciers de type alpin. D’autres formes courantes d’érosion du relief telles les crêtes aiguës, les moraines et les glaciers rocheux peuvent être couramment observées. Cette érosion constante a contribué à la formation de cheminées de fée le long du segment du milieu de la rivière et des processus fluviaux ont créé des chenaux multiples importants. On retrouve une des plus impressionnantes caractéristiques de la région au nord du lac Bonnet Plume. À cet endroit, la rivière a sculpter un canyon à travers un glissement rocheux phénoménal qui a transformé la vallée. La végétation évolue à mesure que les eaux du cours supérieur de la zone alpine de la rivière descendent vers son confluent la rivière Peel. En amont de la rivière, la vallée s’étend sur une toundra qui, malgré l’établissement d’une communauté d’arbustes, de bouleaux et de saules, dans des endroits protégés au-dessus de la limite des arbres, est aussi caractérisée par d’impressionnants talus d’éboulis pierriers presque totalement dépourvus de végétation. Un peuplement clairsemé d’épinettes rouges et d’épinettes blanches tapisse le versant et à quelques endroits, le fond de la vallée bien drainée du cours du milieu de la rivière. La végétation dominante au sol est composée de lichen et de mousse entremêlée de bruyères et de touffes d’herbes. Plus bas dans la vallée, l’épinette blanche domine au long des rivières et des ruisseaux. Dans les zones alluvionnaires et dans les hautes terres, l’épinette noire et le mélèze se sont installés dans les endroits peu drainés telles les savanes arborées. On y retrouve aussi des trembles, des bouleaux blancs, des peupliers baumiers et deltoïdes. La région de la rivière Bonnet Plume renferme trois types de végétation remarquables. Près de l’embouchure de ruisseau Slats une communauté de mélèzes laricins dont la présence est assez inhabituelle à cette latitude s’est développée ; une espèce rare de plantes vasculaires, le Papaver walpolei, en voie de disparition en Alaska ; une espèce de saxifrage, le Boykinia richardsonii qu’on croyait retrouver seulement dans les zones non glaciaires du Nord-Ouest du Yukon. La région de la rivière Bonnet Plume se distingue par son habitat sauvage et ses populations de moutons, de caribous, d’orignaux et de grizzlis. Le bassin de drainage donne refuge au troupeau de caribous de la rivière Bonnet Plume, une des plus grandes populations sédentaires de caribous des bois du Yukon. Les forêts de peupliers deltoïdes et d’épinettes et les régions boisées de lichens de la vallée constituent un excellent habitat pour l’orignal. Une population de mouton assez importante peuple les monts Wernecke et les grizzlis ont été dénombrés en assez grande quantité dans la région de la rivière. On y retrouve les espèces d’oiseaux suivantes : le pérégrin et le faucon gerfaut, l’aigle, la gélinotte huppée, le lagopède des rochers et plusieurs espèces de huards, canards et cygnes. Le cours inférieur de la rivière Bonnet Plume contient un habitat fragile et précieux de poissons. Il offre aussi une zone de frai et de reproduction pour un grand nombre d’espèces dont l’ombre de l’Arctique, le chabot visqueux, le ménomini rond, et l’omble dolly varden. Les lacs Margaret et Bonnet Plume contiennent des espèces telles le grand corégone et le touladi. On a retrouvé des vestiges de populations de poissons dans le bassin de drainage Bonnet Plume. À deux reprises lors des grandes époques glacières du Pléistocène, la rivière Peel a été détourné dans le cours supérieur du Yukon permettant à des organismes aquatiques du réseau du fleuve Yukon de s’établir dans la rivière Bonnet Plume et dans d’autre segments du bassin de drainage Peel. ![]() Les Nacho Nyak Dun de Mayo, Yukon et les Tetlit Gwich’in de Fort McPherson, TNO et leurs ancêtres ont pratiqué des activités de subsistance telles la chasse, la pêche, la trappe et la cueillette depuis des milliers d’années dans la région de la rivière Bonnet Plume. D’autres groupes autochtones ont compté sur les ressources de la région de la rivière Bonnet Plume plus particulièrement lorsque le caribou se retrouvait en abondance. Les rivières Wind et Bonnet Plume ont été des routes traditionnelles entre les régions de Fort McPherson, Mayo et Lansing autant pour les voyages à pied qu’à traîneau tiré par des chiens. Après la découverte de placer au Klondike en 1896, des routes allant du drainage de la rivière Peel, incluant la rivière Bonnet Plume, vers l’est jusqu’au ruisseau Gillespie ont été empruntées par les différents voyageurs qui se rendaient aux champs orifères. De nombreux prospecteurs se sont aussi adonnés à la trappe dans la région de la rivière Bonnet Plume. Les voyageurs de l’époque devaient souvent dépendre de la population locale pour le transport, le service de guide et les premiers soins en cas d’urgence. On raconte que Andrew Flett Bonnetplume, chef Gwicn’in et interprète pour la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH), habitait au bord de la rivière du même nom. Il est venu en aide à plusieurs voyageurs qui se ont été surpris par l’hiver sur la piste menant à Dawson. On a nommé la rivière en son honneur pour cette raison. À mesure que la rivière Bonnet Plume dévale les régions alpines plus élevées des Monts Mackenzie jusqu’à sa jonction avec la rivière Peel, 2 000 m au-dessous de sa source, la rivière coule à travers des milieux naturels différents. Cette immense diversité donne lieu à la pratique d’une grande variété d’activités récréatives. La rivière Bonnet Plume est, au Canada, l’un des meilleurs endroits de canotage en eaux rapides et en région sauvage. Elle fournit aux canoteurs chevronnés l’occasion de relever des défis, surtout à la jonction du ruisseau Knorr au sud du lac Bonnet Plume, avec ses rapides de Classe II et III et, en certains endroits isolés de Classe IV et V. En fait, elle peut être particulièrement dangereuse avec une dénivellation de plus de trois mètres au kilomètre près de sa source. Les excursions sur la rivière jusqu’au Fort McPherson ne sont recommandées qu’aux adeptes du canot et du kayac. La pratique d’activités telles que le rafting pourraient être compromise par les vents et la lenteur du courant surtout dans le cours inférieur de la rivière Peel à Fort McPherson. La rivière Bonnet Plume offre aux amateurs d’excursions nautiques de très bonnes occasions de pratiquer des activités nautiques de lopisirs. Elle est dotée d’excellentes sites de camping et on peut y faire des randonnées pédestres d’un jour dans un décor pittoresque, plus particulièrement dans les régions alpines accessibles de la rivière. On peut faire de superbes randonnées pédestres et du camping dans le cours supérieur de la vallée, dans les zones alpines ainsi qu’autour de plusieurs des ruisseaux et petits lacs alpins et subalpins. Cependant, il est difficile de faire de la randonnée dans les zones moins élevées, près des ruisseaux où la végétation (arbustes, bouleaux, saules) est très dense. On offre aussi d’excellentes occasions de randonnée et d’escalade de montagne dans les sommets glacés du cours supérieur de la rivière Bonnet Plume. Comme dans toutes les régions sauvages du Yukon, il faut se protéger des grizzlis lors de randonnées pédestres. On peut aussi y faire de l’alpinisme et des pics comme ceux des monts McDonald et Gillespie, à la source de la rivière qui marque la frontière Yukon/Territoires du Nord-Ouest, offrent aux adeptes des sites intéressants et recherchés. On peut aussi s’adonner à d’autres loisirs relatifs à l’environnement tels que l’observation de la nature et de la faune et la photographie. Les amateurs de panorama seront aussi comblés. La chasse a eu beaucoup d’importance dans l’histoire de la région de la rivière Bonnet Plume et on la pratique encore aujourd’hui. La chasse de gros gibier attire une clientèle internationale. Une vue pittoresque de la vallée permet d’admirer les qualités exceptionnelles de la nature sauvage de la région et ses caractéristiques particulières qui la rendent si attrayante. Un décor qui se déploie à perte de vue ; la variété de la flore et du relief topographique ; des paysages captivants et une faune sauvage magnifique sont les éléments d’une toile de fond remarquable et propice à la pratique d’activités récréatives. Renseignements pour les visiteurs ![]() L’accès à la source du bassin de la rivière Bonnet Plume se fait par avion soit directement de Whitehorse, soit à partir de Mayo. Les amateurs d’excursions nautiques peuvent revenir à leur point de départ ou descendre la rivière Peel jusqu’à Fort McPherson, Territoires du Nord-Ouest. L’excursion régulière sur le segment principal de la rivière Bonnet Plume peut durer de 7 à 9 jours. Il faut cependant compter 14 à 18 jours pour arriver à Fort McPherson. La durée du voyage est déterminée par le choix des points d’accès. L’accès aux petits lacs adjacents à la rivière se fait par avion à flotteurs. On peut choisir de plus petits segments de rivière mais la variété des expériences et des activités récréatives y est plus limitée. Hébergement et services : Whitehorse (pop. 18 000 hab.), important centre et capitale du Yukon, offre aux visiteurs une grande variété de services : hotels, restaurants, magasins, pourvoiries, services de guides, boutiques spécialisées, divertissements culturels. On peut aller facilement à Whitehorse par la route ou en avion en provenance du sud ; les compagnies de transport aérien d’affrètement y sont basées. Mayo (pop. app. 500 hab.) est plus près, par avion, du bassin de la rivière Bonnet Plume mais elle n’offre pas aux visiteurs des services et des installations aussi variés qu’à Whitehorse. L’hébergement et les services essentiels tels que la nourriture, les restaurants, les fournitures de camping et l’essence sont disponibles. On y retrouve une base d’ydravion et une piste d’atterrissage dont les services sont administrées à partir de Whitehorse. Fort McPherson est une petite communauté qui offre aux visiteurs l’hébergement et les services essentiels seulement. Elle est cependant accessible par la route de Dempster et un service aérien régulier effectue la navette à partir d’Inuvik, Territoires du Nord-Ouest. Cartes topographiques : La rivière Bonnet Plume est représentée à l’échelle 1 / 250 000 sur les cartes 106B (lac Bonnet Plume), 106C (rivière Nadaleen), 106D (ruisseau Nash), 106F (rivière Snake), 106E (rivière Wind) du système national de référence cartographique. Les cartes représentant une partie de la rivière Peel, à partir de la jonction de la rivière Bonnet Plume à Fort McPherson sont les suivantes : 106K (Martin House), 106L (rivière Trail), 106M (Fort McPherson). Les cartes à l’échelle 1 / 50 000 ne sont pas essentielles pour les excursions récréatives sur la rivière. On peut se procurer les cartes du Système national de référence cartographique chez plus de 900 vendeurs autorisés au Canada, aux États-Unis et outre-mer. Pour trouver les vendeurs de votre région, consultez les Pages Jaunes sous la rubrique « CARTES GÉOGRAPHIQUES », ou visitez un centre de distribution régional à l'adresse suivante : http://maps.nrcan.gc.ca Services, permis et règlements : Centre d'accueil du Yukon, route de l'Alaska, Whitehorse (Yukon), tél. : (867) 667-2915; ministère des Richesses renouvelables du Yukon, C.P. 2703, Whitehorse (Yukon) Y1A 2C6, tél. : (867) 667-5221, télécopieur : (867) 667-2691. Information touristique, hébergement, affrètement d'avions, guides et pourvoyeurs : Tourisme Yukon, C.P. 2703, Whitehorse (Yukon) Y1A 2C6; ou à : www.yukonweb.com/tourism, Tourism Industry Association of the Yukon, 1109, 1re Avenue, Whitehorse (Yukon) Y1A 5G4 (867 668-3331), www.touryukon.com; Wilderness Tourism Association of the Yukon, 1114, 1re Avenue, Whitehorse (Yukon) Y1A 1A3; www.yukonwild.com Réseau des rivières du patrimoine canadien : membre de la Commission des rivières du patrimoine canadien , a/s ministère de l'Environnement du Yukon (voir adresse ci-dessus); ou gestionnaire national, Réseau des rivières du patrimoine canadien, Parcs Canada, Ottawa, Canada K1A 0M5, tél. : (819) 994-2913; télecopieur : (819) 953-4704. Adresse électronique : donald.gibson@pc.gc.ca Brown, Dolores Cline. 1989. Bonnet Plume’s Gold. Klein Publishing Company. Mayo, Yukon Finkelstein, Max. “Postcards from the Bonnet Plume”. Kawana. Revue de l’Association canadienne de canotage récréatif. Printemps 1993, Hyde Park, Ont. Commission géologique du Canada. 1977. Document 76-8 : The geology of the Bonnet Plume River, Yukon Territory. D.K. Norris & W.S. Hopkins Jr. Madsen, Ken and Graham Wilson. 1989. Rivers of the Yukon : A Paddling Guide. Canada : Primrose Publishing. Pielou, E.C. 1991. After the Ice Age : The Return of Life to Glaciated North America. Chicago : University of Chicago Press. |