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Route frontalière des Voyageurs
Route frontalière des Voyageurs - Photo

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Aux XVIIIe et XIXe siècles, la route principale menant de Montréal au lac Winnipeg était la «  voie navigable des Voyageurs ». Ce parcours historique, lié au commerce des fourrures, a favorisé l’exploration de l’Ouest du Canada par les Européens et les activités de troc avec les Indiens. Le segment des eaux frontalières du périple était le chemin le plus fiable entre le lac Supérieur et les Prairies, à partir de l’arrivée des commerçants français dans les années 1730 jusqu'à la fin de l'époque des coureurs des bois à la fin des années 1820.

Grandement fréquentées par les vacanciers amoureux de la grande nature depuis le début du siècle, les eaux frontalières n’en ont pas moins gardé leur caractère sauvage. De nos jours, la double attraction que représentent le parc provincial Quetico de l’Ontario et son homologue de l'autre côté de la frontière, la Boundary Waters Canoe Area dans la Superior National Forest, au Minnesota, a fait la réputation de la voie navigable, que les amateurs de canotage en milieu sauvage considèrent comme le meilleur endroit en Amérique du Nord grâce à sa proximité des grands centres urbains. Afin de commémorer ce segment très important de 250 km de la route frontalière des Voyageurs et d'assurer la protection durable de ses ressources naturelles et historiques, le gouvernement de l’Ontario a demandé, en juin 1986, que soit accordé à la partie canadienne des eaux limitrophes le statut de Rivière du patrimoine canadien.

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Géographie

La route frontalière des Voyageurs traverse le nord-ouest de l’Ontario, le long de la frontière internationale, entre l’embouchure de la rivière Pigeon, au lac Supérieur, et le lac La Croix à Quetico. Son extrémité orientale se situe à 58 km au sud de Thunder Bay et à 114 km au nord de Duluth, tandis que sa limite occidentale n’est qu’à 50 km par voie d’eau de Fort Frances et d’International Falls. Englobant à la fois les grands lacs du Bouclier et les étroits chenaux et portages qui les relient, la voie navigable s’écoule dans deux directions à partir d’une hauteur presque imperceptible située entre les lacs North et South (474 mètres au-dessus du niveau de la mer), ce qui facilitait le passage des «  Voyageurs » vers l’Est et vers l’Ouest.

Sauf pour les terrains privés situés en bordure des lacs Saganaga, Gunflint et North, le couloir dans son ensemble est protégé par des parcs des deux côtés de la frontière. La partie ontarienne comprend les parcs provinciaux Quetico, La Vérendrye et Middle Falls alors que la partie américaine, au Minnesota, englobe la Boundary Waters Canoe Area (BWCA) et le Grand Portage National Monument. Les forêts, les mines, le piégeage et les chalets aident à faire tourner l’économie locale, mais les grands parcs de milieu sauvage sont le moteur de l’économie de la région, en grande partie axée sur le tourisme.

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Patrimoine naturel

La région de la route frontalière des Voyageurs présente des particularités naturelles remarquables dans un paysage formé sur une période de plus d’un milliard d’années, ponctuée par les quatre grandes glaciations des deux derniers millions d’années. Les particularités les plus notables de la voie navigable sont les suivantes :

  • un des meilleurs exemples d’activité géologique de l’ère précambrienne au Canada, dont une zone de failles de contact de 2,7 milliards d’années ayant créé l'escarpement de la rive nord du lac Saganaga;

  • microfossiles de deux milliards d’années le long des lacs Gunflint et North, qui sont les plus anciens en Amérique du Nord;

  • abrupts rocheux ou «  cuestas » et collines à plateau ou «  mesas », formés il y a un milliard d’années : caractéristiques de la région de Thunder Bay, ces formes de relief sont par ailleurs uniques au Canada;

  • extrémité méridionale de la ligne continentale de partage des eaux qui sépare les bassins hydrographiques de la baie d’Hudson et de l’Atlantique;

  • paysage glaciaire d’une beauté saisissante parsemé de centaines de lacs de forme irrégulière, abritant des baies secrètes, des terres nues, des îles rocheuses, de profondes gorges de rivière et des escarpements à couper le souffle;

  • trois grandes chutes en cascades – soit les cascades de la rivière Pigeon qui tombent de 200 m en un peu plus de 1/2 km, les chutes Partridge à façade verticale de 21 m en deux gradins et les chutes High qui, avec leurs 28 mètres, sont les plus hautes du Minnesota;

  • faune typique de la forêt de conifères du Nord du Canada, mais subissant l’influence des communautés des Grandes plaines herbeuses de l’Ouest et des forêts mixtes de feuillus et de marais de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent;

  • aire de nidification du pygargue à tête blanche, commun à Quetico mais menacé d’extinction au Canada et aux États-Unis;

  • végétaux rares sur les escarpements des lacs Fowl et aux Cascades. Survivantes d’une ancienne ère postglaciaire, ces espèces sont plus typiques des montagnes de l’Ouest et des régions arctiques et subarctiques;

  • plus de 400 espèces de végétaux, dont 13 sont rares dans la province, et espèces de mousse abondantes sur place mais rares ailleurs au monde.

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Patrimoine culturel

Route frontalière des Voyageurs - Photo

La Route des fourrures, avec ses variantes de la rivière Pigeon (1731-1804) et de la rivière Kaministikwia (1670 -1821), a été pendant plus de 100 ans le principal itinéraire des Européens vers l’Ouest. Fréquentée pendant près de 10 000 ans, d'abord par les Paléo-indiens, puis par les Indiens des cultures Archaïque, Laurel et Sylvicole Supérieur, et enfin par leurs descendants ojibwas et cris, la route a par la suite été empruntée par les explorateurs à la recherche de la mer de l’Ouest, par les missionnaires en quête d’âmes indiennes à convertir et par les colons et prospecteurs rêvant d’une vie meilleure dans l’Ouest. Les particularités historiques les plus importantes de la voie navigable sont les suivantes :

  • représentation exceptionnelle de l’époque du commerce des fourrures au Canada. La rivière Pigeon comprend deux postes de commerce, Lac d’Orignal et Fort Charlotte, établis par Gaultier de Varennes, Sieur de la Vérendrye, entre 1731 et 1749. Grand Portage, centre important de commerce des fourrures de la Compagnie du Nord-Ouest dans l'intérieur du Canada, était le lieu de «  rendez-vous » annuel de 600 à 800 hommes des Brigades des pelleteries du Nord et de Montréal, qui se rencontraient pour festoyer et échanger des marchandises. C'est aujourd'hui un monument historique national des États-Unis;

  • forte association avec les explorateurs les plus célèbres du Canada : Allouez (1666), DuLhut (1678), de la Noue (1722), La Vérendrye (1731), Alexander Henry (1775) et Frobisher, McTavish, Fraser, Mackenzie et Thompson de la Compagnie du Nord-Ouest (1783);

  • 124 sites archéologiques connus, témoignant des cultures autochtones préeuropéennes au Canada central, dont les meilleurs sites blackduckiens connus, des pictogrammes et des portages ojibwas et cris datant d’avant le XVIe siècle et des carrières de débitage paléo-indiennes;

  • théâtre des différends entre l’Amérique du Nord britannique et les États-Unis après la Guerre d’indépendance américaine (1776) et du Traité de Paris (1783); Traité Webster-Ashburton mettant un terme aux conflits de frontière (1842) et cession des terres ojibwas par le Traité Robinson-Supérieur (1850);

  • excellente représentation des époques minière (1870 – 1900), forestière (1820 – 1930) et ferroviaire (1882–1938). On peut encore y voir le barrage de la Pigeon River Lumber Company au lac South Fowl, des couloirs de flottage bien conservés dans la rivière Pigeon et la voie ferrée abandonnée de Port Arthur, Duluth et de l’Ouest entre les lacs North et Gunflint;

  • une riche histoire de conservation marquée par la création de plusieurs grands parcs, en l’honneur d'Eric Morse, qui a popularisé le canotage en milieu sauvage au Canada et qui a fait connaître la route de la rivière Pigeon-Grand Portage aux Canadiens de l’ère contemporaine.

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Valeurs récréatives

L’excellente qualité de l’eau, la beauté de la nature, la richesse de l’histoire et la proximité des grands centres urbains du Canada et du Midwest américain ont favorisé l’utilisation de la région de la route frontalière des Voyageurs, depuis le tournant du siècle, pour des séjours en chalet, la navigation de plaisance, la chasse, la pêche et le canotage en milieu sauvage. Aujourd'hui, alors que plus de 22 millions de personnes vivent à moins d’une journée de route de la région, celle-ci attire un million de vacanciers, pour la plupart américains, chaque année. Pourtant, moins de 1 % de la rive a été aménagée, ce qui fait que le paysage n’est guère différent de celui que pouvaient voir les Indiens et les «  voyageurs » d’antan. La région de la route frontalière des Voyageurs offre l’expérience suivante :

  • des occasions pratiquement illimitées d'excursions en canot, de randonnées et de camping en milieu sauvage. En 1985, 16 000 visiteurs ont emprunté le segment de Quetico de la voie navigable et 2 500 autres touristes, celui de La Vérendrye;

  • plusieurs îlots d’usage récréatif intensif : voiture-camping, bateau-camping, canot-camping, natation, pique-nique, bateau à moteur, bateau à voile, randonnée, raquette, ski de fond, camping d’hiver et pêche au doré jaune, au grand brochet, à l’achigan à petite bouche, à la truite arc-en-ciel, à l’omble de fontaine, au touladi et au grand corégone;

  • séjours privilégiés pendant toute l’année pour la adeptes de la photographie, les ornithologues amateurs, les botanistes et autres naturalistes; possibilité d’étudier la géologie et les plantes rares de la région des lacs Fowl, Knife, Saganaga et Gunflint; possibilité de photographier les chutes du cours inférieur de la rivière Pigeon, d’observer les hérons nichant en colonies dans l’île Seagull, les pygargues planer au-dessus des rives des lacs et les orignaux et les cerfs se nourrissant le long du corridor; possibilité d’écouter le hurlement solitaire du loup et le cri du plongeon huard à Quetico;

  • expérience directe du patrimoine culturel des Autochtones du Canada par leurs pictogrammes, leurs sentiers, leurs carrières de débitage et leurs sites d’habitation;

  • occasion rêvée de revivre une époque importante de l’histoire du Canada, en utilisant les mêmes portages et les mêmes lieux de campement que les Ojibwas, les Cris et les «  Voyageurs ».

Canotage : des milliers de kilomètres de circuits continus à Quetico (1 450 km) et à BWCA (2 400 km) sont prolongés par les 250 km de la route frontalière des Voyageurs, qui fait elle-même partie du parcours de 500 km reliant le lac Supérieur au lac des Bois. Navigable dans les deux sens, le périple commence (ou se termine) souvent à la limite orientale, caractérisée par une difficile randonnée de 13,6 km le long du Grand Portage du lac Supérieur ou par une marche de 7,7 km sur le sentier à partir de la route 17 dans le Cook County, au Minnesota. La limite occidentale est le lac La Croix, mais il faut quelques jours de plus pour y arriver ou en partir en canot. Du 1er mai à la mi-octobre, la route frontalière des Voyageurs assure de 10 à 12 jours de canot dans un cadre superbe d’eau calme et de lacs en enfilade, comprenant aussi des moments exaltants pour la traversée de gorges en eaux vives et près de 20 portages. Les précipitations sont faibles et les températures de jour en été sont agréables, à 22°C (75°F). De nombreux secteurs de rochers glaciaires dénudés le long de la voie navigable conviennent à merveille au camping.

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Renseignements pour les visiteurs

Route frontalière des Voyageurs - Photo

Accès : à partir du Canada, l’accès routier se limite à l'endroit où la route 61 rencontre la rivière Pigeon, à Middle Falls, et à deux chemins forestiers médiocrement aménagés partant des routes 588 et 593 vers les lacs North Fowl et Mountain. L’accès par canot et portage est possible à partir des lacs French, Beaverhouse et Nym de Quetico, ainsi que des lacs Northern Light et Arrow. L’accès par hydravion se limite à Quetico et à BWCA, mais il est aussi autorisé aux postes de douane du lac Saganaga et du lac La Croix. On envisage de meilleures installations pour la section de La Vérendrye de la voie navigable. Pour l’instant, l’accès se fait surtout depuis les États-Unis au moyen des chemins qui mènent à la voie navigable à partir de deux routes du Minnesota, appelées Echo Trail et Gunflint Trail.

Hébergement et services : on trouve dans la région de la route frontalière plus de 50 centres de villégiature, établissements d’hébergement, terrains de camping et camps de pourvoyeurs qui visent la clientèle de Quetico et de BWCA. Les principales localités de services de la région sont Fort Frances, Atikokan et Thunder Bay, en Ontario, et International Falls, Duluth, Grand Marais, Ely et Isabella, au Minnesota. Des bureaux de tourisme se trouvent à Middle Falls, Fort Frances, International Falls, Ely et Thunder Bay. Pour plus de renseignements, s’adresser à la North of Superior Travel Association, 1119, avenue Victoria Est, Thunder Bay, Ontario, P7C 1B7, 1 800 265–3951. Pour obtenir des renseignements complets et à jour sur les activités et possibilités récréatives, visitez les sites suivants : www.BoundaryWatersCanoeArea.com ou www.bwca.cc

Cartes topographiques de la Série nationale de référence cartographique pour la région frontalière : 1:250 000 - Fort William (52A) et International Falls (52C); 1:50 000 – 52A/3, 4 et 52B/1,2,3,4,5 et 7. On peut obtenir ces cartes au Bureau des cartes du Canada, 615, rue Booth, Ottawa (Ontario)  KIA 0E9, (613) 952–7000. (http://maps.NRCan.gc.ca )

Pour plus de détails sur la route frontalière des Voyageurs, écrire à : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, district de Thunder Bay, 435, rue James Sud, pièce 221, Thunder Bay, Ontario, P7E 6S8, (807) 475–1261. (www.mnr.gov.on.ca/MNR/csb/message/mnroffices.html ) .

District d’Atikokan, 108, avenue Saturn, Atikokan (Ontario)  P0T lC0, (807) 597–6971. (www.atikokanchamber.com).

Pour plus de renseignements sur le Réseau des rivières du patrimoine canadien, écrire au directeur national, Réseau des rivières du patrimoine canadien, a/s Parcs Canada, Ottawa (Canada)  K1A 0M5. Téléphone : (819) 994–2913. Télécopieur : (819) 997–0835. Courrier électronique : donald.gibson@pc.gc.ca.

On peut aussi s’adresser au membre ontarien de la Commission des rivières du patrimoine canadien, Parcs Ontario, ministère des Richesses naturelles, CP 7000, 300, rue Water, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.

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Autres renseignements

Pour mieux connaître cette exceptionnelle aire de nature sauvage, visitez les sites suivants : http://www.canoecountry.com/about/index.htm

http://www.boundarywatersjournal.com/

http://bwca.cc/quetico/Queticoprovincialpark.htm

http://canoekayak.com/features/stories/crossingquetico/

Ontario Recreational Canoeing Association (www.orca.on.ca)

www.ontarioparks.com (voir Quetico, Middle Falls, and Voyageur Provincial Parks)

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Lectures recommandées

Morse, Eric. "Fur Trade Canoe Routes of Canada: Then and Now". U of T Press. Rev. 1979.

Newman, Peter. "Caesars of the Wilderness". Toronto, Viking, 1987.

Olsen, Sigurd, “The Singing Wilderness”, New York, Knopf, 1956

Finkelstein, Max, “Canoeing a Continent: On the Trail of Alexander Mackenzie”, Natural Heritage Books, Toronto, 2002

Rogness, Andrew D., “Crossing Boundary Waters”, Augsburg Fortress Publishers (November, 1994

Gruchow, Paul, “Boundary Waters: The Grace of the Wild” (Outdoor Essays & Reflections) , Milkweed Editions (January, 2000)

Beymer, Robert, “Boundary Waters Canoe Area: The Eastern Region” , Wilderness Press; 4th Bk&Mp edition (November, 2000).

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