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La rivière Mattawa constitue un passage naturel entre le lac Nippissing et la rivière des Outaouais dans les hautres-terres d’Algonquin. Elle prend naissance à 3,5 km à l’est du lac Nipissing et coule vers l’est, le long d’une ancienne ligne de faille, pour se jeter dans la rivière des Outaouais. Avec la rivière des Français, qui coule vers l’ouest à partir du lac Nipissing, la Mattawa représentait pour les Autochtones comme pour les premiers Européens, un lien essentiel entre la rivière des Outaouais et les Grands Lacs. Les Européens arrivèrent dans la région au début du 17e siècle, après avoir suivi cette vieille route indienne qu’ils baptisèrent « Petite Rivière ». Plus tard, la rivière fut appelée « Mattawa », ce qui veut dire en algonquin « jonction des cours d’eau » ou « rivière dont les parois répercutent l’écho du courant ». La Mattawa était une des sections les plus éprouvantes de la Route frontalière des Voyageurs, la principale route de canotage entre Lachine et le nord-ouest, et fut la principale voie d’exploration et artère de commerce du Canada pendant plus de 200 ans. De nos jours, la Mattawa accueille principalement des touristes et des visiteurs d’un jour, leur offrant certaines des meilleurs possibilités de canotage en Ontario, dans un environnement naturel qui n’a guère changé depuis l’époque des Voyageurs. Ce sont les valeurs naturelles, historiques et récréatives de la rivière Mattawa, un tronçon de 33 kilomètres situé entre la limite ouest du parc provincial de la rivière Mattawa et la limite est du parc provincial Samuel de Champlain qui sont à l’origine de la désignation de cette rivière au titre de « Rivière du patrimoine canadien » en janvier 1988. En février 1999, on a mis en candidature le portage La Vase au RRPC à titre de complément de la désignation déjà existante de la rivière Mattawa. Le portage La Vase relie le lac Trout, d’où la rivière Mattawa prend sa source, à la rivière La Vase, passage naturel vers le lac Nipissing et la rivière des Français. Parcourir ce corridor de 11 km signifie sillonner les eaux sur une distance de 7 km et portager sur 4 km de sentiers. Lorsque Alexander Mackenzie a parcouru cette région il y a plus de 200 ans, il a sans doute constaté d’emblée que le sentier avait été foulé à maintes reprises, puisqu’il représentait la principale route vers l’ouest pour le commerce des fourrures. Mackenzie a décrit le portage d’une façon fort imagée, en faisant preuve d’un grand sens pratique : « Mille cinq cent treize pas vers un petit canal sis dans une plaine et de dimension tout juste suffisante pour permettre aux canots chargés de glisser vers le prochain bassin un ruisseau étroit endigué comme seuls les castors savent le faire... un marécage d’une longueur de deux milles jusqu’au dernier bassin . Il faut faire preuve de grande prudence pour éviter les rochers, les souches et les arbres. » [traduction] Les commerçants de fourrure s’accordaient à dire que le portage La Vase était le plus boueux de tous ceux retrouvés sur l’ensemble de la route de canotage transcontinentale. Cet important sentier de canotage est l’une des plus anciennes routes de commerce des fourrures de l’Ontario, sinon de l’ensemble du Canada. Toutefois, de nos jours, aucune trace du vieux portage n’est visible, si bien qu’il est difficile d’imaginer qu’il a constitué une véritable « route transcanadienne » durant plusieurs millénaires. Une collectivité du nom de Friends of La Vase Portages vise le rétablissement du sentier original pour permettre aux voyageurs contemporains de suivre les traces des commerçants de fourrure et des autochtones sur cette traditionnelle route des Voyageurs. La désignation du portage La Vase au RRPC signifie un pas de géant vers la réalisation de ce rêve. En 1999, la région visée par la désignation de rivière du patrimoine a été étendue en aval au confluent de la rivière des Outaouais. Comme la rivière des Français a obtenu en 1986 la désignation de rivière du patrimoine, la presque totalité de l’ancienne route historique reliant la rivière des Outaouais au lac Nipissing et à la baie Georgienne jouit aujourd’hui de la protection du programme du RRPC. La rivière Mattawa prend sa source dans le lac Trout, à 198,5 mètres au-dessus du niveau de la mer, et son niveau s’abaisse de 50 mètres le long des 43 kilomètres qui mènent à la rivière des Outaouais. Son bassin versant s’étend sur 117 000 hectares de forêt dans le Bouclier canadien. Sa végétation et sa faune sont typiques des forêts boréales et de celles des Grans Lacs et du Saint-Laurent. De grands mammifères comme le cerf de Virginie, l’ours noir, l’orignal, et le loup ordinaire de l’est vivent dans la région. Les hivers sont froids (–10ºC ou 13ºF en janvier) et les étés chauds, avec une moyenne de 22,5ºC (75ºF) le jour. Les précipitations sont faibles : 92 cm (36 po) de pluie en été et à peine 56 cm (22 po) de neige en hiver. Le tronçon désigné de la rivière Mattawa se trouve entre les agglomérations de North Bay (52 000 h) et de Mattawa (2 686 h), suivant une ligne imaginaire divisant le nord et le sud de l’Ontario. La région est protégée à l’intérieur de deux parcs provinciaux gérés par le ministère des Ressources naturelles de l’Ontario. À l’exception de quelques chalets privés sur les lacs en bordure de la rivière, 122 m de terres boisées servent de tampon de chaque côté du tronçon qui comprend 5 810 hectares du bassin de la rivière. En amont de la zone désignée, des maisons et des chalets privés bordent la rivière. En aval, les terres riveraines sont propriété privée, mais on y trouve peu de constructions. Ces deux secteurs sont administrés par les municipalités locales ainsi que par l’Office de protection de la nature de North Bay-Mattawa. ![]() La Mattawa a été désignée « Rivière du patrimoine canadien » en raison surtout de sa valeur sur le plan du patrimoine humain, qui est liée à l’histoire des Autochtones, à l’exploration et au commerce des fourrrures. La rivière a également joué un rôle de courte durée dans le commerce du bois équarri dans les années 1880, ainsi que dans la période de l’industrie minière dans les années 1940 et 1950. Histoire autochone : Les vestiges archéologiques trouvés dans 28 sites permettent de croire que la Mattawa a servi de voie de transport aux Autochtones pendant quelque 6 000 ans. Ainsi, l’une des deux seules mines d’ocre (un pigment rougeâtre qui était utilisé par les autochtones) connues en Ontario est située à la Porte de l’Enfer. On également trouvé divers artefacts tels des fosses, des cairns, des pointes de flèches et des outils en pierre, qui indiquent la présence d’habitations et de lieux de pêche autochtones autour des lacs Trout et Talon, à la pointe Grasswell et au portage Campion. Exploration du Canada : La Mattawa faisait partie de la route traditionnelle des aborigènes entre la vallée du St-Laurent et la partie supérieure des Grands Lacs. C’est par cette route que les Indiens ont conduit les premiers voyageurs Européens vers l’intérieur du continent. En 1610, Samuel de Champlain envoya l’interprète Étienne Brûlé, le premier Blanc à voir la rivière Mattawa, à l’intérieur des terres avec une bande d’Algonquins. Cinq ans plus tard, il accompagna lui-même un groupe de Hurons sur cette route, dressant la première carte publiée de la région. Comme ce fut le cas pour les Indiens, la Mattawa devint la principale voie de transport pour les commerçants européens et les missionnaires qui ont suivi Champlain. Commerce des fourrures : Pendant plus de deux siècles, la traite des fourrures fut presque l’unique raison de la présence des Européens au Canada en dehors des coloniés situées le long de la côte Atlantique et du St-Laurent. La Mattawa constituait un lien important dans le réseau commercial qui allait éventuellement s’étendre à travers tout le continent. Cette courte section était peut-être la partie la plus difficile des 2 000 km de la Route des Voyageurs séparant Montréal et Fort William puisqu’on y trouvait 11 des 38 portages de la route. Neuf de ces 11 portages sont encore très semblables à ce qu’ils étaient à l’époque des Voyageurs et tous portent leur nom français d’origine. L’importance de la Mattawa est souligné par une plaque provinciale et une plaque de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada à Mattawa, ainsi que par une plaque du Réseau de rivières du patrimoine canadien dans le parc Champlain. Le chemin de fer traversait Mattawa en 1881., mettant ainsi fin à l’utilisation de la rivière comme route commerciale et comme corridor de transport des billes de bois. Lautoroute Transcanadienne a ouvert la région à l’industrie touristique, et de nos jours, la région est fréquentée presqu’exclusivement par les vacanciers, les plaisanciers, les pêcheurs et les adeptes du canotage en mileiu naturel. La désignation de la Mattawa à titre de « Rivière du patrimoine canadien » reposait également sur ses caractéristiques naturelles exceptionnelles :
La désignation de la rivière Mattawa reposait aussi sur la combinaison exceptionnelle de possibilités de loisirs qu’elle offre chaque année aux milliers de personnes qui viennent de North Bay, Mattawa, Ottawa et Toronto pour visiter les parcs provinciaux de la rivière Mattawa et Samuel-de-Champlain. Ces possibilités incluent :
Renseignements pour les visiteurs ![]() Canotage : La Mattawa offre de magnifiques excursions en canot sur la rivière et les lacs d’une durée de 1 à 4 jours, de mai à la mi-octobre. Les courts mais excitants rapides et les neuf portages bien indiquées – tous de moins de 500 mètres – en font une destination idéale pour les visiteurs peu expérimentés dans le canotage, et constituent un défi à relever pour les canoeistes aguerris qui sont capables de franchir certains rapides. Il est à noter que les lacs Trout et Talon peuvent être dangereux lorsqu’il vente. Partout l’eau doit être traitée avant d’être consommée. Bien que la rivière soit navigable dans les deux directions, la plupart des adeptes du canotage commencent leur voyage en amont et suivent l’un de ces trois itinéraires populaires : un voyage de 2 à 4 jours de l’extrémité ouest du lac Trout, dans le parc Armstrong jusqu’à Mattawa (58 km); un voyage de 1 à 3 jours de l’extrémité est du lac Trout aux rapides Campion dans le parc Champlain (33 km); et un voyage d’un jour le long de la section la plus pittoresque de la rivière, du débarcadère Blanchard sur le lac Talon aux rapides Campion (13,5 km). Accès : La Mattawa se trouve à 350 km au nord de Toronto via la route 11, et à 300 km au nord-ouest d’Ottawa via la Transcanadienne (route 17). Elle se trouve également à moins d’une journée de voiture de diverses agglomérations du centre de l’Ontario et de l’ouest du Québec, telles Sudbury, Parry Sound, Huntsville, Barrie, Témiscaming, Noranda et Rouyn. Plusieurs routes, y compris la Transcanadienne, mènent directement dans la région. Des routes en gravier mènent à diverses aires de mise à l’eau le long de la rive sud de la rivière et au lac Trout. Pour retracer la Route frontalière des Voyageurs, on peut accéder à la rivière en canot par la rivière des Outaouais à l’est ou par le lac Nipissing et les portages de la Vase à l’ouest. Des lignes aériennes desservent North Bay tous les jours, et Mattawa et North Bay offrent des services d’autocar et de train de passagers. Il est également possible de se rendre dans la plupart des lacs du réseau en hydravion. Hébergement et services : Mattawa et North Bay, les principales collectivités de services de la région, offrent toute la gamme des services communautaires et des installations pendant toute l’année. Il y a des auberges, des pavillons, des hôtels, des motels et des terrains de camping le long des grandes routes de la région et dans de nombreuses collectivités situées à moins d’une heure de voiture. Le parc provincial Samuel-de-Champlain offre 216 emplacements de camping aménagés, deux terrains de camping collectif, des services d’accueil, des programmes d’interprétation et des services de location de canots. Cartes topographiques : Les cartes topographiques de la rivière Mattawa sont offertes à l’échelle 1:250 000 – (31L) et 1:50 000 – 31L6 et 31L7. Pour se les procurer, il faut s’adresser au Bureau des cartes du Canada, 615 rue Booth, Ottawa K1A 0E9. « The Mattawa River, Ontario, 1988-1998, Report to the Canadian Heritage Rivers Board on the State of the River », disponible auprès du commissaire de l’Ontario (voir la rubrique « Communiquez avec nous ») Parcs proviciaux de la rivière Mattawa et Samuel-de-Champlain – Services, permis et règlements : Ministère des Ressources naturelles de l’Ontario, B.P. 3070, North Bay (Ontario) P1B 8K7; ou Parcs provinciaux rivière Mattawa/Samuel-de-Champlain, C.P. 147, Mattawa (Ontario) P0H 1V0. Informations touristiques : Ontario Travel, Queens Park, Toronto (Ontario) M7A 2E5; ou Almaquin-Nipissing Travel Association, Regional Tourist Centre, Seymour St.; et North Bay Bypass, B.P. 351, North Bay (Ontario) P1B 8H5. Réseau de rivières du patrimoine canadien : Gestionnaire national, Réseau de rivières du patrimoine canadien, Parcs Canada, Ottawa, Canada K1A 0H3. Téléphone : (819) 994–2913; Télécopieur : (819) 997–0835. Adresse électronique : donald.gibson@pc.gc.ca ou Représentant de l’Ontario, Commission des rivières du patrimoine canadien, a/s Directeur, Parcs et aires de loisirs de l’Ontario, Whitney Block, Queen’s Park, Toronto (Ontario) M7A 1W3. Pour un complément d'information sur cette voie navigable historique, rendez-vous aux sites Web http://www.mnr.gov.on.ca/MNR/Parcs/mat.htm et http://www.city.north-bay.on.ca/mattawa/mw-mrpp.htm , http://www.venturenorth.com , http://www.nbmca.on.ca/sitemap.htm , http://www.city.north-bay.on.ca/lavase/index.htm , http://mattawariver.canadianecology.ca/english/english_friends.htm Le Centre écologique du Canada, situé dans le parc provincial Samuel‑de‑Champlain, sur la rivière Mattawa, facilite la prise de décision informée en offrant un meilleur aperçu des questions concernant le développement et la conservation, ainsi que les options liées àl’environnement et à l’industrie forestière. Visitez son site web à l’adresse suivante : http://www.canadianecology.ca/ Ried, Ron and Janet Grand. Canoeing Ontario’s Rivers. Douglas and McIntyre. Toronto, 1985. Rumney, George R. “The Ottawa-Nipissing Canoe Route in Early Western Travel”. Canadian Geographical Journal. Janvier 1951. Ontario Travel. “Ontario Traveller`s Encyclopedia”. Toronto. M7A 2E5. 1988. Voyages : Rivières du patrimoine canadien – Lynn E. Noel. Publié par Breakwater Books de Terre-Neuve et commandité par QLF/Atlantic Centre for the Environment. Ligne sans frais pour commandes dans la province de terre-Neuve : l–800–563–3333. Ligne sans frais pour commandes provenant des autres provinces du canada et de l’extérieur de Terre-Neuve : 1–800–387–0172. Ligne sans frais pour commandes provenant des États-Unis : 1–800–805–1083. Rabais disponible auprès de la Canadian River Management Society : Téléphone : (613) 824–0410. Finkelstein, Max, ‘Canoeing a Continent: On the Trail of Alexander Mackenzie’, Natural Heritage Books, 2002 |