État de la rivière 2004-2005
Rivière Nahanni-Sud (Réserve de parc national Nahanni, Territoires du Nord-Ouest)
« Rivière d’aventure »
Désignée en 1987
Au total, 887 personnes ont visité la réserve de parc national Nahanni en 2004, ce qui représente une diminution de 13 % par rapport à 2003. De ce nombre, 322 ont fait une visite d'une journée aux chutes Virginia tandis que 565 ont descendu la rivière Nahanni‑Sud au cours d'une excursion de plusieurs jours. La diminution des excursions d'une journée aux chutes Virginia peut s'expliquer par les mauvaises conditions de vol causées par une abondante fumée. Parmi les visiteurs qui ont descendu la rivière, 270 (48 %) faisaient partie d'excursions guidées tandis que 295 (52 %) faisaient un voyage privé. Les groupes comptaient en moyenne 5,3 personnes. La taille maximale des groupes est de 12 personnes pour les voyages privés et de 14 pour les excursions guidées. La durée moyenne d'une excursion en 2004 était de 11 jours.
Les installations pour les visiteurs aux chutes Virginia se sont détériorées en raison de leur utilisation intense pendant une longue période, et l'empreinte humaine est encore plus évidente dans le secteur. On a remplacé le trottoir de bois du portage pour répondre aux préoccupations en matière de santé et de sécurité du public et du personnel du parc et pour limiter les impacts sur l'intégrité écologique de l'endroit. Les nouveaux trottoirs de bois sont maintenant en place et le quai du portage en aval ainsi que deux latrines seront remplacés cette année. L'entretien permanent et la recapitalisation des installations amélioreront les valeurs du patrimoine naturel en limitant l'empreinte de l'activité humaine à des secteurs déterminés capables de le supporter. Les valeurs récréatives continueront d'exister grâce à un accès sûr aux divers sites réservés aux visiteurs dans le cadre de l'utilisation diurne et des excursions de plusieurs journées sur la rivière.
Big Bend Creek, Dry Canyon et Whitespray sont trois sites du cours inférieur de la Nahanni‑Sud qui sont fermés depuis 2003. Big Bend Creek a été fermé en raison de la présence d'un site culturel tandis que Dry Canyon et Whitespray l'ont été en raison des répercussions importantes découlant de l'utilisation par les visiteurs. Des panneaux interdisant le camping ont été installés à ces trois endroits le 3 août 2003 et y demeureront encore cet été. Ces mesures aident à rétablir les conditions remarquables de camping sauvage sur la rive auxquelles s'attendent les visiteurs du parc.
En juin 2000, la Nah Deh Á Consensus Team (NDCT) a été formée dans le cadre de l'accord sur les mesures provisoires des Premières nations Deh Cho . Depuis, la NDCT a atteint quatre principaux objectifs dont la rédaction d'un nouveau plan directeur du parc qui a été approuvé en avril 2004. Elle a également rédigé un énoncé d'intégrité écologique, conclu une entente provisoire de gestion du parc et produit un protocole d'entente concernant l'agrandissement du parc. L'entente provisoire sur la gestion du parc précise comment les Premières nations Deh Cho et Parcs Canada collaboreront pour assurer la gestion de la réserve de parc national Nahanni jusqu'à la signature de l'entente définitive avec les Premières nations Deh Cho. Quant au protocole d'entente concernant l'agrandissement du parc, il a favorisé la création du Nahanni Expansion Working Group (NEWG). Le NEWG est formé de deux représentants des Premières nations Deh Cho et de deux représentants de Parcs Canada qui se réunissent régulièrement depuis mars 2004. Un plan de recherche a été établi afin de combler le manque de données sur de nombreuses questions concernant les ressources naturelles et culturelles du grand écosystème de la Nahanni. Plusieurs projets sont terminés depuis avril 2004 et plusieurs autres sont en cours ou en voie de préparation. Tous les projets de recherche seront terminés d'ici l'automne 2006. À ce moment‑là, le NEWG pourra, après avoir examiné les résultats de la recherche et consulté le public et les intervenants, formuler des recommandations concernant les limites de la réserve de parc national aux Premières nations Deh Cho et à Parcs Canada.
On a entrepris en 2002 un projet de recherche sur la distribution et l'abondance relative des grizzlis dans la réserve de parc national Nahanni (RPNN). On a utilisé une technique non invasive de prélèvements de poils pour obtenir un échantillonnage d'ADN. L'analyse de l'ADN peut aider à déterminer le sexe des ours, leurs liens familiaux et le nombre d'ours différents qui évoluent dans le secteur. C'est ainsi qu'on a appris que certains ours se déplacent sur 50 kilomètres à l'extérieur des limites actuelles du parc. On doit prélever d'autres échantillons cette année. Les données ainsi recueillies appuieront les efforts constants en vue de l'agrandissement du parc déployés par le gouvernement fédéral auprès des Premières nations Deh Cho, puisqu'on constate que les limites actuelles du parc ne permettent pas vraiment de protéger les animaux à distribution étendue, comme les populations de grizzlis, qui entrent dans le parc et en sortent.
En septembre 2004, Parcs Canada a collaboré avec Pêches et Océans pour recueillir de l'information sur la distribution et l'analyse génétique de l'omble à tête plate dans le bassin hydrographique de la Nahanni‑Sud. Des échantillons ont été prélevés à l'aide de méthodes de pêche électrique à 12 sites se trouvant dans la partie inférieure du bassin hydrographique (c.‑à‑d. en aval des chutes Virginia). L'omble à tête plate a été capturé à plusieurs de ces endroits. Des échantillons ont été prélevés à 12 autres sites de la partie supérieure du bassin hydrographique (c.‑à‑d. en amont des chutes Virginia) au moyen cette fois de la pêche à la ligne seulement, en raison d'un bris d'équipement. Cette méthode n'a pas permis de capturer d'omble à tête plate quoiqu'on ait pu constater la présence d'autres espèces compagnes comme l'ombre de l'Arctique et le touladi. Tous les poissons capturés aux sites d'échantillonnage ont été pesés et mesurés; on a ensuite rogné leur nageoire pectorale pour connaître leur âge et prélevé leur nageoire adipeuse pour la soumettre à une analyse génétique avant de remettre les poissons à l'eau. Une description de l'habitat a également été faite à chaque site. L'échantillonnage dans la partie supérieure du bassin se terminera au cours de la campagne sur le terrain en 2005‑2006 au moyen de l'équipement de pêche électrique. Une fois le travail d'échantillonnage terminé, les échantillons de tissus prélevés en 2004 et en 2005 subiront une analyse génétique qui permettra de déterminer la structure des populations et l'état des tissus des poissons.
La qualité de l'eau est un indicateur important de l'intégrité écologique de la réserve de parc national Nahanni (RPNN). L'influence des intérêts miniers dans le bassin de la Nahanni‑Sud continue de soulever des inquiétudes quant à l'accès, à la qualité de l'eau et aux répercussions potentielles sur la faune. Deux mines se trouvent dans le bassin de la Nahanni. La CanTung est située en bordure de la rivière Flat, à 85 kilomètres en amont de la réserve de parc national Nahanni. La Canada Tungsten Corporation (CTC) l'a exploitée de 1962 à 1986 avant de la fermer en raison de la chute des prix du tungstène. En 1997, la North American Tungsten Corporation Ltd. a acheté la mine et l'a rouverte le 1 er décembre 2001 pour cesser toute activité le 5 décembre 2003 et y assurer des mesures de surveillance et d'entretien à la suite de l'annulation d'un contrat d'achat. Le 31 mars 2005, NTC s'est soustraite à la protection de la loi sur les faillites et compte rouvrir la mine dans un avenir rapproché. Voici les plans que NTC doit fournir en vertu du permis d'exploitation hydraulique : a) Pratiques en place de recyclage de l'eau, b) Étude de l'eau souterraine, c) Plan d'urgence, d) Rapport sur les mesures de fermeture et Plan d'urgence aux fins de la surveillance et de l'entretien. Parcs Canada fera l'examen technique de ces documents et y répondra au besoin.
La mine du ruisseau Prairie, propriété de Canadian Zinc Corporation, se trouve à 15 kilomètres des limites de la réserve de parc national Nahanni et à 43 kilomètres en aval de la Nahanni‑Sud. Bien qu'elle ait été entièrement aménagée, elle n'a jamais été exploitée. Pour le moment, Canadian Zinc Corporation fait encore de l'exploration et compte demander un permis d'exploitation de la mine dans un avenir rapproché. En mai 2003, l'entreprise a demandé un permis d'aménagement d'une route d'hiver se rendant à la mine du ruisseau Prairie. Selon la proposition, cette route traverserait un secteur à relief karstique unique dont une partie déverse ses eaux dans le bassin de la Nahanni‑Sud. Ce secteur karstique figure également dans l'entente provisoire sur les terres mises en réserve aux fins de l'agrandissement du parc conclue entre les Premières nations Deh Cho et le gouvernement fédéral. Le 9 mai 2005, la Cour suprême des T.‑N.‑O. a décrété que Canadian Zinc Corporation n'avait pas à subir d'évaluation environnementale en vertu de la Loi sur la gestion des ressources de la vallée du Mackenzie; elle peut donc demander la permission de réaménager une route d'hiver fermée depuis longtemps qui conduit à la mine du ruisseau Prairie. Des scientifiques, des ONGE et des Premières nations craignent que la route ait des répercussions négatives sur les grottes de calcaire uniques et fragiles et sur les formations karstiques. Des programmes de recherche permettront de surveiller les répercussions de l'exploitation minière, et le projet d'agrandissement du parc est un moyen de protéger l'intégrité de la Nahanni‑Sud et d'éléments spéciaux comme les paysages karstiques
Pour plus d'information, communiquez avec Raquel Cli‑Michaud (867-695-3151); raquel.cli‑michaud@pc.gc.ca
|